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Étude Ifop et parcours de soins : les Français ne veulent plus d'un parcours du combattant

Les Français ne veulent plus gérer seuls leur parcours de soins. Selon une étude Ifop pour l’association AVECsanté, près d’1 Français sur 2 estime que son suivi médical manque de coordination, et 3 sur 4 ont le sentiment de devoir eux-mêmes faire le lien entre les professionnels de santé. Une expérience qui explique le soutien massif au travail en équipe : 82 % des Français souhaitent voir se développer les Maisons de santé pluriprofessionnelles (MSP) sur leur territoire. Cette attente a trouvé un écho particulier lors des Rencontres nationales d’AVECsanté, qui ont réuni près de 2 000 professionnels de santé les 6 et 7 mars derniers à Lyon.

Un constat sans équivoque : des patients encore seuls face à leur parcours de soins

Derrière ces chiffres, une réalité concrète : pour une grande partie des Français, le parcours de soins reste aujourd’hui morcelé, peu lisible, et parfois difficile à coordonner. Examens redondants, informations mal transmises, délais qui s’allongent, consignes contradictoires… Autant de situations qui traduisent un manque d’organisation collective dans le suivi médical. Dans ce contexte, les patients deviennent eux-mêmes les coordinateurs de leur propre santé.

Aujourd’hui, 3 Français sur 4 ont le sentiment de devoir eux-mêmes faire le lien entre les professionnels de santé qui les suivent – une proportion encore plus élevée dans certains territoires, comme en Centre-Val de Loire (80 %) ou en Île-de-France (79 %).

Seuls 25 % des Français déclarent ainsi avoir déjà bénéficié d’une prise en charge coordonnée entre plusieurs professionnels de santé, alors que plus de 8 Français sur 10 en reconnaissent les bénéfices et souhaitent son développement.

Les Français nous disent très clairement qu’ils ne veulent plus être seuls pour organiser leur parcours de soins. Ce qu’ils attendent, ce n’est pas seulement plus de médecins, mais une organisation qui leur simplifie réellement la vie”, souligne Emmanuelle Barlerin, coprésidente d’AVECsanté et maire nouvellement réélue de Saint-Just-en-Chevalet (42).

Le travail en équipe, une attente devenue majoritaire

Si la coordination reste encore insuffisamment déployée, ses bénéfices, eux, sont largement reconnus. Plus de 8 Français sur 10 identifient clairement ce que permet le travail en équipe : une meilleure qualité de suivi, un accompagnement dans la durée, mais aussi un gain de temps pour les patients comme pour les professionnels, ainsi qu’un renforcement des actions de prévention.

Cette adhésion se traduit très concrètement dans les choix exprimés par les Français : 82 % préfèrent voir s’installer une MSP sur leur territoire, très loin devant les modèles reposant sur un exercice isolé.

Aujourd’hui, tout le monde sait que le travail en équipe fonctionne. Le vrai problème, c’est qu’il ne se développe pas assez vite. Les équipes sont là, les patients en veulent : ce qui manque, ce sont des décisions concrètes du gouvernement pour lever les freins” affirme le Dr Pascal Gendry, coprésident d’AVECsanté et médecin généraliste.

Prévention et suivi dans la durée : un enjeu encore fragile

En matière de prévention, le constat est plus préoccupant : près d’1 Français sur 2 (43 %) estime ne pas être suffisamment accompagné dans son suivi en santé. Ce sentiment est encore plus marqué chez certains publics, notamment les femmes (à 46%) et les 18-25 ans (53%), qui expriment des attentes plus fortes en matière de prévention et d’accompagnement dans la durée.

À l’inverse, les Français ayant déjà bénéficié d’une prise en charge coordonnée se déclarent nettement mieux accompagnés (69 %, soit +12 points par rapport à la moyenne), confirmant l’impact concret du travail en équipe sur le suivi des patients.

Ces résultats mettent en évidence les limites d’un système encore largement centré sur le soin curatif, et le rôle structurant que peut jouer la coordination des professionnels pour construire des parcours de santé plus continus, mieux anticipés et davantage centrés sur les besoins des patients.

À Lyon, une mobilisation record pour faire évoluer les soins primaires

C’est dans ce contexte que se sont tenues, les 6 et 7 mars derniers à Lyon, les Rencontres AVEC les équipes d’AVECsanté. Près de 2 000 professionnels exerçant en MSP  s’y sont réunis, témoignant de la dynamique du travail en équipe dans les soins primaires sur notre territoire.

Sur le terrain, tous partagent le même constat : les difficultés d’accès aux soins ne relèvent pas seulement du manque de médecins, mais aussi d’un manque d’organisation collective pour accompagner les patients dans la durée. Avec près de 3 000 MSP aujourd’hui en activité sur le territoire, le travail en équipe n’est plus une expérimentation, mais une réalité déjà bien installée – et appelée à se développer.

Transformer l’essai : un enjeu pour les politiques publiques

Pour AVECsanté, les résultats de l’étude menée avec l’Ifop et la mobilisation observée à Lyon envoient un signal clair : les attentes des patients et les solutions portées par les professionnels convergent. À l’approche du second tour des municipales, la question n’est plus seulement d’attirer de nouveaux professionnels dans les zones en désert de santé, mais d’organiser des équipes de soins capables de répondre concrètement aux besoins des populations, partout sur le territoire.

Les Maisons de Santé Pluriprofessionnelles constituent aujourd’hui un levier immédiatement mobilisable pour améliorer l’accès aux soins, à condition d’accélérer leur déploiement. Le Dr Patrick Vuattoux, coprésident d’AVECsanté et médecin généraliste, le souligne : “aujourd’hui, on ne part plus de zéro : les équipes existent, elles fonctionnent et elles sont attendues par les patients. Nous avons une opportunité très concrète de transformer l’organisation des soins sur les territoires. Il faut maintenant franchir un cap et donner aux équipes les moyens de se développer partout.”

Méthodologie de l’enquête IFOP :

L’enquête a été menée auprès d’un échantillon de 1 000 personnes, représentatif de la population française métropolitaine âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon a été assurée selon la méthode des quotas sur les critères de sexe, d’âge, de catégorie socio-professionnelle après stratification par région et catégorie d’agglomération. Un redressement statistique a également été appliqué sur le niveau de diplôme. Les interviews ont été réalisées par questionnaire auto-administré en ligne du 11 au 12 février 2026.

Contacts presse – Agence Oxygen

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