Par ailleurs, un décret et deux arrêtés en date du 27 août 2025 précisent que les Docteurs Juniors pourront réaliser un stage ambulatoire et être ainsi accueillis en MSP à partir de Novembre 2026.
Jusqu’à présent l’accueil des étudiants en MSP reposait sur l’agrément individuel de maîtres de stage universitaires (MSU). A partir de maintenant : ce sont les structures elles-mêmes – en tant que personnes morales – qui pourront être reconnues comme lieux de formation.
👉 Cette évolution, c’est avant tout une reconnaissance du travail en équipe, en exercice coordonné et en pluriprofessionnalité au bénéfice des futurs professionnels de santé qui pourront être accueillis en MSP. C’est aussi une opportunité de faire valoir l’offre pédagogique des MSP.
Cette reconnaissance contribue à l’attractivité des MSP puisque les modèles organisationnels sont mal connus des étudiants. C’est donc, à moyen terme, une façon de favoriser l’installation de jeunes professionnels dans les structures et pallier aux problématiques de désert en santé.
Ce nouveau dispositif d’accueil peut sembler complexe à quelques mois de sa mise en œuvre mais c’est une opportunité dont il faut se saisir dès à présent pour aller vers cette reconnaissance du travail en équipe et pour répondre aux besoins du système de santé.
‼️Vous trouverez ci-dessous une FAQ qui sera mise à jour régulièrement en fonction des informations dont nous disposons. Si vous avez des questions n’hésitez pas à nous les faire parvenir en cliquant ici.
Cadre du dispositif
Dans quel cadre le dispositif est-il applicable aujourd’hui ?
Le dispositif s’applique actuellement aux étudiants de 3ème cycle de médecine, notamment aux internes de niveau 1 et 2 et aux docteurs juniors.
Les MSP peuvent donc devenir lieux de stage agréés par les ARS pour ces profils et doivent passer une convention avec le CHU (Article 15 de l’arrêté du 12 avril 2017 portant organisation du troisième cycle des études de médecine).
Et pour les autres professions de santé ?
Pour les infirmiers, kinésithérapeutes, sages-femmes, diététiciennes, orthophonistes, pharmaciens, chirurgiens-dentistes, il n’y a pas encore de cadre formel pour l’accueil en MSP.
AVECsanté agit activement pour que cet élargissement soit rendu possible dès que possible.
👉 Des démarches sont en cours pour un encadrement national équivalent à celui des médecins.
Et pour les autres professions présentes en MSP ?
- Podologues : un dispositif spécifique d’accueil d’étudiants existe déjà (à documenter).
- Psychologues et psychomotriciens : ils ne sont pas considérés comme professionnels de santé au sens du code de la santé publique, mais peuvent être intégrés dans les démarches de découverte ou d’observation au sein des équipes pluriprofessionnelles.
Cadre administratif et juridique
Quelle convention de référence ?
- Chaque MSP doit déposer un dossier d’agrément auprès de l’ARS compétente.
- Une convention de stage entre la MSP et le CHUest obligatoire.
- Un modèle de convention-type est en cours de travail afin d’harmoniser les pratiques sur l’ensemble du territoire.
Quel est le rôle de la SISA dans le dispositif ?
- La SISA peut être personne morale d’accueil, mais cela nécessite de vérifier les statuts
- Si la convention est signée au nom de la SISA, la responsabilité incombe aux gérants.
- En cas de stage rémunéré, il faut clarifier le A noter que le Docteur Junior est rémunéré par le CHU.
- Une assurance complémentaire peut être nécessaire pour couvrir cette nouvelle activité.
- Les statuts de la SISA devront, le cas échéant, être adaptés pour intégrer explicitement la possibilité d’accueil de stagiaires.
Qui peut être tuteur ou maître de stage ?
Le référent doit être issu de la même formation initiale que le stagiaire.
➡️ médecin pour un docteur junior, infirmier pour un étudiant IDE, etc.
Même si la MSP est le lieu de stage, un référent chargé de l’encadrement pédagogique de l’étudiantest toujours obligatoire.
Un docteur junior peut-il avoir plusieurs tuteurs ?
Au 15 décembre 2025, cela peut être envisagé, notamment dans les MSP avec plusieurs maîtres de stage agréés, sous réserve de coordination avec le DMG dans le cas des étudiants en médecine par exemple. Les modalités pédagogiques ne sont pas encore finalisées et peuvent évoluer avec le CNGE.
Accueil et organisation au sein de la MSP
Quelles sont les conditions matérielles d’accueil ?
La MSP doit prévoir un espace de travail dédié (bureau, poste informatique, matériel) et, si possible, un logement pour les étudiants venant de loin.
Si aucun local n’est disponible, l’accueil reste possible sous réserve d’accord du DMG et d’un accompagnement sur site adapté.
Les équipes peuvent se rapprocher des collectivités territoriales (commune, département, région…) et des délégations départementales des ARS pour réfléchir aux solutions d’accueil.
Que se passe-t-il si le maître de stage est absent (vacances, congés) ?
Le docteur junior ne peut pas consulter sans supervision médicale effective.
Une organisation alternative doit être prévue (tuteur remplaçant, supervision à distance validée par le DMG, MSU joignable).
Les docteurs juniors peuvent-ils être médecins traitants ?
Non. Ils ne peuvent pas être déclarés comme médecins traitants. Ils exercent sous la responsabilité pédagogique de leur tuteur.
Peut-on accueillir un étudiant de 3ème cycle de médecine générale / un docteur junior sans maître de stage sur place ?
Dans le droit ce n’est pas obligatoire, c’est la structure qui est agréée. Le docteur junior peut être tutoré par un médecin externe, y compris externe à la structure. Dans le dossier d’agrément il n’y pas l’obligation d’avoir un MSU dans la structure mais c’est une condition sécurisante pour les étudiants et les professionnels de la MSP. Qui sera donc appréciée dans le cadre de l’instruction de l’ARS du dossier d’agrément.
Les docteurs juniors peuvent-ils intégrer la SISA ?
Non, pas en tant qu’associés. Ils peuvent toutefois participer à certaines activités collectives de la MSP, selon les règles internes et le cadre de la convention.
L’étudiant de 3ème cycle de médecine peut-il découvrir toutes les disciplines de la MSP ?
Oui, c’est l’intérêt d’un stage en Maison de Santé Pluriprofessionnelle pour l’étudiant de 3ème cycle de médecine. C’est possible dans le cadre de son parcours de formation et sous réserve du respect du secret professionnel.
Les découvertes de disciplines non réglementées (ostéopathie, psychologie, etc.) sont possibles à titre d’observation uniquement.
Aspects financiers
Quelle rémunération du docteur junior ?
Elle est fixée par arrêté ministériel et versée par le CHU de rattachement.
Les MSP ne versent pas de rémunération complémentaire.
Qui prend en charge le loyer ou le poste de travail du docteur junior ?
La question doit être anticipée avec le DMG : certaines universités et même certaines collectivités prévoient une aide au logement.
Une indemnisation est prévue pour la structure permettant la prise en charge des coûts induits par le docteur junior (occupation d’un local, utilisation du secrétariat…). Montant et modalités en cours de négociation.
Quelles aides sont mobilisables ?
- Pour le docteur junior : rémunération hospitalière, aides ponctuelles au logement.
- Pour la MSP / l’équipe : possibilité d’aides régionales ou locales (ARS, collectivités, universités).
- Pour le logiciel métier : certaines ARS prévoient des aides spécifiques pour équiper le stagiaire d’un poste sur le logiciel médical partagé.
Le maître de stage continue-t-il de percevoir sa rémunération de MSU ?
Oui, la rémunération individuelle du maître de stage universitaire reste due, y compris en cas d’accueil en MSP. Il est toutefois possible de prévoir le reversement de cette rémunération à la SISA.
Existe-t-il une aide collective pour l’équipe accueillante ?
Pas à ce stade, mais une réflexion est en cours pour valoriser les démarches collectives d’accueil en MSP.
Ce dispositif risque-t-il de réduire le nombre de stages pour les SASPAS ?
C’est une crainte exprimée. Le DMG et les ARS devront veiller à maintenir un équilibre entre SASPAS et docteurs juniors, afin de préserver la diversité des stages et la continuité pédagogique.
Devenir MSP « lieu de stage »
Comment candidater pour devenir MSP lieu de stage ?
Les candidatures à l’agrément se font auprès de votre ARS, cf. Arrêté du 12 avril 2017 (ici) portant organisation du troisième cycle des études de médecine. Les fédérations régionales du mouvement AVECsanté peuvent vous accompagner dans les démarches.
Quels documents sont nécessaires ?
- Convention de stage type (à venir)
- Agrément du ou des maîtres de stage
- Description des conditions d’accueil (locaux, outils, équipe, tutorat)
Existe-t-il des outils ou modèles pour accompagner la démarche ?
- Un livret d’accueil du docteur junior est en cours de conception.
- AVECsanté et ses fédérations régionales proposeront prochainement des modèles de convention et des recommandations d’accueil à destination des équipes.
Responsabilité et assurance
Qui est responsable de l’étudiant ou du docteur junior accueilli ?
Le tuteur / maître de stage agréé reste responsable de la supervision clinique.
La structure (SISA ou association) peut être co-responsable sur le plan administratif si elle signe la convention.
La structure (SISA ou association) porte la responsabilité de l’activité médicale.
Faut-il adapter les statuts de la SISA ?
Oui, si l’activité d’accueil d’étudiants n’est pas mentionnée explicitement dans l’objet social.
Une simple modification statutaire peut suffire.
Faut-il souscrire une assurance spécifique ?
Oui, il est recommandé de vérifier auprès de l’assureur de la SISA ou de la MSP que la couverture inclut bien l’accueil d’étudiants ou de docteurs juniors.
Pour aller plus loin
Des ressources ou outils à venir ?
- Modèle national de convention MSP / DMG
- Livret d’accueil type pour les docteurs juniors
- Fiche synthèse des aides mobilisables (ARS, collectivités, universités)
- Modèle de parcours d’intégration au sein d’une MSP
- Retours d’expériences issus des MSP pilotes